QUI VEUT S’APPAUVRIR ?

Mot du président - Reflets de décembre 2018

La réponse à la question en titre est simple : personne.

La définition du mot appauvrir dans le Larousse est : rendre pauvre ou plus pauvre dans sa forme transitive et s’appauvrir, devenir pauvre ou plus pauvre dans sa forme pronominale.

On peut donc poser des gestes qui nous conduisent vers cet état, donc s’appauvrir nous-mêmes, ou être l’objet d’actions posées par d’autres, qui nous amènent vers l’appauvrissement, c’est-à-dire de ne pas avoir contribué à cela, mais en être la cible.

Dans le système économique actuel, chacun cherche à améliorer son sort, augmenter sa capacité financière et ainsi, comme on l’entend souvent, faire tourner l’économie en consommant des biens et des services de toute nature, la base même du système dans lequel nous évoluons.

Au Québec, en 2017, la hausse moyenne des salaires consentis de façon globale a été de l’ordre de 2,6 %. Pendant ce temps, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 1 % en 2017. On peut donc facilement conclure que de façon générale, le marché du travail a contribué à augmenter le niveau de vie des travailleurs en haussant leur pouvoir d’achat, ce qui est une excellente nouvelle en soi puisqu’ainsi l’économie roule bien. On peut dès lors parler d’un léger enrichissement de la société québécoise dans son ensemble. On pourrait sans doute faire un exercice plus exhaustif et remonter les cinquante dernières années et probablement que, de manière générale, le pouvoir d’achat des québécois est tiré vers le haut et c’est tant mieux.

Mais qu’en est-il des retraités et futurs retraités des régimes de retraite des secteurs public et parapublic que nous sommes ?

Prenons l’exemple de quelqu’un, peu importe sa fonction, qui a travaillé de 1982 à 2017, soit 35 ans de service à temps complet et contribué à son régime de retraite des employés du gouvernement du Québec. L’espoir de pouvoir maintenir, non pas augmenter, mais maintenir son pouvoir d’achat est nul, même qu’au contraire il a la certitude que d’une année à l’autre, il verra lentement s’éroder sa capacité financière, c’est-à-dire que lentement mais sûrement il s’appauvrira. Pourquoi ? Parce que ses rentes, globalement, n’augmenteront que de 0,25 %, en raison de leur indexation partielle, soit le quart de l’augmentation du coût de la vie.

Qu’est-ce que la société québécoise, plus spécifiquement le gouvernement du Québec, a à gagner, et je vous pose la question, de favoriser une lente mais réelle diminution de la capacité financière de ses retraités ? En ce qui me concerne, je n’ai pas de réponse à cette question.

Mais regardons plus globalement la tendance actuelle qui se dessine par rapport aux régimes de retraite en général, et la société québécoise n’y fait pas exception. D’un côté, on observe la forte propension à diminuer les avantages de plusieurs régimes de retraite existants, et de l’autre côté, on assiste de plus en plus à un désengagement social des employeurs face à la retraite. De plus, on remarque la disparition des régimes à prestations déterminées au profit de régimes dont les rentes sont incertaines, et surtout, on favorise l’épargne individuelle au détriment de l’épargne collective, qui elle permet d’une part de meilleurs rendements sur les sommes amassées en vue de la retraite et d’autre part mutualise les risques associés au placement de ces sommes.

Un dernier point. Les retraités d’un employeur donné, en cas de terminaison du régime notamment advenant une faillite ou la fermeture de l’entreprise, voient leurs rentes, soit radicalement diminuées ou carrément perdues sans autre recours, au profit des actionnaires ou des autres créanciers.

C’est comme ça que nous voulons traiter ceux et celles qui ont contribué à bâtir la société québécoise ? C’est plus de 25 % de notre population qui aura plus de 65 ans d’ici quelques années, est-ce à dire que le quart de nos gens vont écouler leurs dernières années en s’efforçant tant bien que mal à joindre les deux bouts ?

On sort à peine d’une campagne électorale où malheureusement aucun des partis susceptibles de former le gouvernement n’avait de plan global face au vieillissement de la population et aux défis que cela suppose, bien sûr sur le plan de la santé, mais aussi sur le plan de la main-d’œuvre qui se fait rare, la sécurité financière des aînés, leur contribution à la société, etc. Souhaitons que ceux qui ont pris les rênes du pouvoir en octobre dernier fasse amende honorable et dès maintenant s’attaque à la tâche et mette en place un vaste chantier sur le sujet.

Vous ne trouvez pas qu’il est temps, grand temps de prendre la parole ensemble ? C’est ce à quoi nous convions tous les retraités et aînés du Québec. Contactez notre association. On verra bien, une fois ensemble, ce qu’on pourra accomplir. Il est encore temps, mais le temps nous presse.

Au nom du conseil d’administration, je vous souhaite à tous une heureuse période des Fêtes.

DONALD TREMBLAY

2018

Septembre - UNE RENTRÉE POLITIQUE ET STRATÉGIQUE

Juin - ENTREVUE AVEC DONALD TREMBLAY

Mars - LE CLOU

2017

Décembre - 2018, L’ANNÉE DE TOUS LES DANGERS… NON : DE TOUTES LES OCCASIONS !

Septembre - L’ENNEMI PUBLIC NUMÉRO UN DES CITOYENS QUE NOUS SOMMES

Juin - JE, TU, IL, ELLE, NOUS, VOUS, ILS, ELLES…

Mars -  LA TENUE DE SON ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ANNUELLE